Margaux Dzuilka et Maya Gering
Essia, Facia, Claudine, Anaïs, Cyndie, Maïmouna & Juliette auraient aimé ne rien avoir en commun. Pourtant, du jour au lendemain, leurs quotidiens se sont trouvés rythmés par les mêmes rituels, les mêmes peurs, les mêmes colères.
On ne peut pas couler est un court-métrage documentaire animé, né d’un processus collectif. Ce projet donne vie aux récits méconnus des mères, femmes et sœurs de détenus, à travers un montage de témoignages audios, d’illustrations animées en 2D, inspirées de leurs propres créations et de fonds aquatiques faits avec de l’encre aquarelle.
Charge administrative, coût des avocats, gestion du linge, galères des transports… Toutes ont dû réorganiser leur vie autour de la détention. Toutes ont appris à apprivoiser l’angoisse et à composer avec une culpabilité tenace, celle de n’avoir su protéger leurs proches. Affronter aussi le regard des autres, jusqu’à ces voitures qui ralentissent devant la prison pour pointer du doigt “ces mauvaises mères”, “ces femmes de délinquants”. Surmonter, aussi, les humiliations de l’administration pénitentiaire, des fouilles des sacs aux palpations physiques. « C’est comme si on ne valait rien du tout et que nous aussi, on devrait nous mettre en prison. » Les mots de Juliette résonnent avec le vécu de toutes les autres.
Ce film est une prise de parole collective, un espace de résistance et d’émancipation. En façonnant le récit, en mêlant leurs voix et en produisant les images, ces femmes transforment leurs expériences individuelles en combat commun. On ne peut pas couler est une œuvre construite avec elles et pour elles toutes, pour briser le silence et faire exister ces histoires ailleurs qu’à l’ombre des parloirs.
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