#Restitutions : légiférer pour réparer
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Date
- 19:00 / Cancelled 19:00 / Sold out Tuesday, 19:00
Localisation
FMSH - Fondation Maison des Sciences de l'Homme 54, boulevard Raspail - 75006 ParisSi les restitutions des œuvres d’art et biens culturels répondent à une exigence morale et historique, leur encadrement juridique est longtemps resté lacunaire. La plupart des objets concernés ont été acquis dans des contextes de domination coloniale ou d’échanges inégaux, à une époque dépourvue de normes internationales sur la propriété culturelle. Entre principes d’inaliénabilité, absence de normes contraignantes et initiatives législatives ponctuelles, le droit a longtemps peiné à répondre à l’exigence de justice historique portée par les restitutions.
Les conventions de l’UNESCO (1970) et d’UNIDROIT (1995) ont posé des bases essentielles pour lutter contre le trafic illicite et favoriser le retour des biens culturels, mais leur portée reste limitée pour les spoliations anciennes. En France, les restitutions récentes nécessitaient souvent des lois ad hoc, révélant l’absence d’un cadre général stable, et transparent.
La récente loi française du 9 mai 2026 sur la restitution des biens culturels issus d’appropriations illicites marque une étape vers un cadre juridique plus cohérent. En autorisant, sous conditions, la sortie de certains biens du domaine public, elle dépasse la logique des lois ponctuelles au profit d’une procédure fondée sur l’expertise scientifique et la coopération bilatérale.
En ouvrant un cadre plus lisible, cette réforme peut-elle pleinement répondre aux exigences de réparation historique, de reconnaissance mémorielle et de réappropriation culturelle, alors qu’elle demeure dépendante de l’initiative des États et de la complexité des enquêtes de provenance ?
La seconde séance du cycle #Restitutions. Une autre définition du monde réunira Rima Abdul Malak, ancienne ministre de la Culture, à l’initiative de plusieurs propositions de loi sur la restitution des biens culturels africains, des restes humains et des biens spoliés dans le contexte des persécutions antisémites entre 1933 et 1945, et Vincent Négri, chercheur à l’Institut des Sciences sociales du Politique. Ensemble, ils interrogeront la portée de ces avancées législatives au regard des enjeux de mémoire, de réappropriation culturelle, de justice historique et de dialogue interculturel durable.
Les échanges seront animés par la journaliste Valérie Nivelon (RFI).
Le cycle de rencontres « #Restitutions. Une autre définition du monde » est organisé par la Fondation Maison des Sciences de l’Homme en partenariat avec la Fondation Calouste Gulbenkian – Délégation en France.
En savoir plus sur le cycle #Restitutions
Biographies
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Rima Abdul Malak
Franco-libanaise, Rima Abdul Malak commence son parcours dans l’humanitaire, auprès du CCFD-Terre Solidaire, puis de l’association Clowns sans frontières. Elle se dirige ensuite vers la coopération culturelle à l’Institut français où elle est responsable de la diffusion de la scène musicale française à l’international. Elle rejoint la Mairie de Paris en 2008, d’abord au cabinet de l’adjoint à la culture, puis comme conseillère culture de Bertrand Delanoë. Elle est ensuite nommée attachée culturelle à l’Ambassade de France à New York, où elle œuvre au renforcement des échanges artistiques entre la France et les Etats-Unis. A son retour en 2019, elle devient la conseillère culture d’Emmanuel Macron et joue un rôle clé pendant la crise du Covid. De 2022 à 2024, elle est ministre de la Culture dans le gouvernement d’Elisabeth Borne. Son mandat est marqué par l’ouverture de la Cité internationale de la langue française à Villers-Cotterêts, la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, un plan national pour les métiers d’art, deux lois majeures sur les restitutions, la taxation des plateformes de streaming pour soutenir l’industrie musicale, la défense résolue de l’audiovisuel public, et l’initiative La Relève pour renouveler le vivier des futurs dirigeants culturels. Elle est désormais basée à Beyrouth, où elle dirige L’Orient-Le Jour, grand quotidien libanais en langue française, seul média totalement indépendant du Moyen-Orient.
© DR
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Vincent Négri
Vincent Négri est juriste, chercheur à l’Institut des Sciences sociales du Politique (UMR 7220), Ecole Normale Supérieure Paris-Saclay. Ses travaux de recherche et ses publications portent sur le droit international et le droit comparé de la culture et du patrimoine. Il est engagé dans des travaux interdisciplinaires entre droit, anthropologie et philosophie. Professeur à l’Université internationale L. S. Senghor (Alexandrie), il dirige également le programme d’enseignements juridiques à l’Institut national du patrimoine (Paris). Il intervient comme expert auprès de l’UNESCO, de l’UNIDROIT, de l’ICOM et de la CEDEAO. Il a accompagné Felwine Sarr et Bénédicte Savoy dans la rédaction de la partie 3 – partie juridique – du Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain, “Vers une nouvelle éthique relationnelle”, remis au président de la République en novembre 2018. Sa dernière publication porte sur Le patrimoine séquestré. [Dé]possessions des biens culturels dans les révolutions et les conflits (en collaboration avec Léa Saint-Raymond), paru aux éditions Mare & Martin en 2025.
© Vincent Négri
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Valérie Nivelon
Journaliste et documentariste sonore, Valérie Nivelon mène des enquêtes historiques et participe à des programmes de recherche scientifiques mémoriels. Au son des archives sonores et des témoignages, elle produit des récits radiophoniques du point de vue des acteurs et des témoins, afin de raconter l’Histoire autrement. Elle se déplace régulièrement sur les terrains africains depuis plus de 20 ans et participe à l’émergence des figures féminines de l’histoire.
Valérie Nivelon a reçu le prix scam de la meilleure émission de radio en 2011.© Anthony Ravera