Rencontre autour de l’œuvre de Paulo Faria. Écrire les guerres d’autrui
Avec Paulo Faria et Felipe Cammaert
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Date
- 18:30 / Cancelled 18:30 / Sold out Thursday, 18:30
Localisation
Maison du Portugal - André de Gouveia| Cité internationale universitaire de Paris |
| 7 P, boulevard Jourdan - 75014 Paris |
Dans le cadre des Rencontres de la Bibliothèque Gulbenkian, nous aurons le grand plaisir d’accueillir Paulo Faria et Felipe Cammaert pour dialoguer autour de l’œuvre de Paulo Faria. Écrire les guerres d’autrui.
L’œuvre de Paulo Faria (1967) interroge de manière incisive la transmission des mémoires conflictuelles de l’Europe, et notamment celles liées aux guerres mondiales et aux guerres coloniales du Portugal. Dans ses textes, qu’il s’agisse de romans ou de chroniques, Faria parvient à s’emparer de cette dimension intergénérationnelle de la mémoire individuelle et collective, en accomplissant ce que Catherine Coquio appelle «le passage de témoin» dans la postmémoire.
Pour ce faire, Paulo Faria puise dans son propre passé familial : que ce soit celui de son père, dont l’expérience au Mozambique en tant que médecin de l’armée coloniale portugaise donne naissance aux romans Estranha Guerra de Uso Comum (Ítaca, 2016) et Gente Acenando Para Alguém que Foge (Minotauro, 2020), ou bien celui de son grand-père, sympathisant du fascisme et de l’idéologie de l’Estado Novo portugais, figure centrale de son dernier livre, Louvado Seja o Pesadelo (Minotauro, 2024). Par ailleurs, Faria fait appel aux témoignages des acteurs directs de ces événements pour construire un univers polyphonique, dans lequel le vécu et sa transposition littéraire s’entremêlent. Dans un texte récent, il écrit : « Chaque fois que je le peux, je parle avec des vétérans de notre guerre coloniale, d’autres guerres coloniales. Ensuite, je raconte les histoires qu’ils me racontent. Je raconte mes souvenirs de leurs souvenirs ».
Au cours de cette rencontre, Paulo Faria évoquera avec Felipe Cammaert la manière dont, dans une démarche reliant la mémoire familiale et la mémoire collective, l’écriture s’approprie un passé étranger pour recréer, dans l’espace du texte, la survivance du passé chez les générations ayant hérité des traumatismes historiques du XXe siècle.
Speakers
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Paulo Faria
Paulo Faria est né à Lisbonne en 1967. Depuis plusieurs années, il est traducteur littéraire, ayant traduit des auteurs tels que Jan Morris, Cormac McCarthy, Don DeLillo ou George Orwell, entre autres. En 2015, il a obtenu le Grande Prémio de Tradução de l’Association Portugaise de Traducteurs et de la Société Portugaise d’Auteurs, pour sa traduction de Un conte de deux villes, de Charles Dickens.
Il publie également des textes dans le journal portugais Público. Son deuxième roman, Gente acenando para alguém que foge (Minotauro, 2020), a reçu le Prémio Autores 2021 de la Société Portugaise d’Auteurs dans la catégorie de Meilleur Livre de Fiction. En 2024, il a publié son quatrième roman, Louvado seja o pesadelo (Minotauro).
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Felipe Cammaert
Felipe Cammaert est chercheur au Centre de Langues, Littératures et Cultures (CLLC) de l’Université d’Aveiro au Portugal. Docteur en Études Romanes et Littérature Comparée de l’Université Paris Nanterre , sa thèse a été publiée sous le titre L’écriture de la mémoire dans l’oeuvre d’António Lobo Antunes et de Claude Simon (Paris, L’Harmattan, 2009).
Il a été chercheur postdoctoral au Centre d’Études Sociales de l’Université de Coimbra pour le projet européen ERC-MEMOIRS, et à la Bibliothèque Nationale de Colombie, entre autres. Il a également enseigné aux universités de Picardie (France), de Los Andes (Colombie), de Lisbonne et d’Aveiro (Portugal). Il est traducteur littéraire du français et du portugais.