Mémoires voyageuses | Kunsthaus Baselland

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Date

22 May – 16 Aug 2026

Localisation

Kunsthaus Baselland

Helsinki-Strasse 5, 4142 Münchenstein, Suisse

Pricing

Kunsthaus Baselland, lauréat de la 8e édition de l’Appel à projet Expositions Gulbenkian, présente Mémoires Voyageuses / Travelling Memories, une exposition collective qui rassemble huit artistes internationaux dont les œuvres abordent les thèmes de la mémoire, du déracinement, de l’histoire familiale, de l’héritage colonial et de la possibilité d’imaginer de nouveaux avenirs.

Parmi les artistes exposés, Joana Escoval développe une pratique artistique à la croisée de la sculpture, de l’installation et de l’expérimentation sensible. Trouver les termes adéquats pour décrire ces œuvres complexes n’est pas une mince affaire ; Joana Escoval elle-même ne les qualifie pas de sculptures, mais plutôt d’oscillateurs, de modulateurs, de condensateurs, voire de résistances — des générateurs invisibles de chaleur, tels ceux qui se déplacent à travers les espaces. Ce sont des réservoirs de souvenirs, d’histoires dans l’espace et le temps.

Curateur : Ines Goldbach

À propos des oeuvres de l'artiste Joana Escoval

Il n’est pas facile de trouver les bons termes pour ces œuvres complexes, que Joana Escoval elle-même ne qualifie pas de sculptures, mais plutôt d’oscillateurs, modulateurs, condensateurs ou même résistances, générateurs invisibles de chaleur, comme ceux qui traversent les pièces. Ils sont des porteurs de souvenirs d’histoires dans l’espace et le temps. Il peut aussi être utile de trouver des termes pour l’œuvre de l’artiste qui combinent son, son et musique, même si nombre de ses installations souvent vastes restent silencieuses. Rythme, pénétration, flux sonore et transformation sont néanmoins des termes qui peuvent s’appliquer à ses installations de travail. Au Kunsthaus, l’artiste lissonaise invite également les visiteurs à parcourir ses œuvres et à retracer les différentes parties, parfois très délicates, de son œuvre et de leurs histoires. Elles parlent de lieux, de temps, d’espace. À l’intérieur de la structure, des tubes en laiton flottent dans la pièce, rappelant des instruments à vent filigranés, et – lorsque le vent touche les ouvertures – peuvent produire des sons. Les fines tiges de laiton qu’Escoval guide dans la pièce comme des ondes rappellent aussi des vagues d’énergie ou de son qui voyagent d’une œuvre à l’autre, traversent les murs, finissent ou émanent d’oreilles sculpturales et tissent tout ensemble. Comme un grand souffle d’air sans séparation, ces lignes traversent les pièces. La lumière réelle des tours rencontre les surfaces métalliques brillantes. Cet échange possible et réel avec la nature, ses histoires et éléments, ses forces et ses formes de dialogue a longtemps façonné l’œuvre de l’artiste. Escoval elle-même se rend régulièrement dans son atelier dans la nature, non loin de Lisbonne, pour travailler avec des matériaux naturels, ses histoires et ses souvenirs. C’est aussi l’une des motivations les plus importantes de l’artiste pour s’engager avec les récits de la nature : avec ses connexions cosmiques, ses interdépendances et sa connexion, dont nous, en tant qu’êtres humains, faisons partie. Ainsi, les sculptures d’Escoval peuvent être comprises non seulement comme une présence matérielle dans l’espace, mais aussi comme des processus de dissolution de la matière qui se poursuivent dans l’imagination. Lorsque l’artiste fait fondre les métaux, les façonne et trace de fins chemins dans l’espace, permettant au matériau respectif de suivre l’architecture, son empreinte ainsi que les personnes et leurs mouvements, elle semble transformer visiblement l’espace en quelque chose qui absorbe l’autre personne au lieu de l’éloigner. « Les êtres, sujets et matériaux ne sont pas autonomes », explique l’artiste, « mais sont constamment mis en mouvement par la circulation : des corps poreux et respirants, enveloppés dans la même substance matérielle chargée dans laquelle ils existent, inodores et invisibles. Le monde extérieur entre dans le corps par inspiration et en sort sous forme de rafale de vent par expiration pour se réunir avec le monde. » Ce sont les récits de la nature et de ses forces qu’Escoval trace, non pas dans un sens ésotérique, mais avec la possibilité de se déplacer et de s’expérimenter dans un continuum espace-temps.

 

Credits : Aline Motta, Filha Natural / Natural Daughter  #1, 2018/2019. Courtesy of the artist and Mitre Galeria

 

  Ce projet est soutenu par la Fondation Calouste Gulbenkian – Délégation en France, qui l’a cofinancé dans le cadre du programme EXPOSITIONS GULBENKIAN pour soutenir l’art portugais au sein des institutions artistiques européennes.

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