Filmer l'invisible
Pocas Pascoal en dialogue avec Kitty Furtado et Shakila Zamboulingame
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Date
- 18:30 / Cancelled 18:30 / Sold out Friday, 18:30
Localisation
Fondation Maison des Sciences de l'Homme (FMSH)| Salle du Forum, 1er étage de la FMSH |
| 54, Bd Raspail - 75006 Paris |
Modération : Álvaro Vasconcelos
Invitée à explorer les archives du Museu Nacional de História Natural e da Ciência, la réalisatrice Pocas Pascoal s’est intéressée à rendre visible certains aspects qui ne l’étaient pas de prime abord, notamment plusieurs objets, photographies et compositions coloniales. Dans une forme spiralée du temps, où l’hier, l’aujourd’hui et l’avenir ne s’enchaînent pas de manière linéaire, le court-métrage Time to Change (2024) donne à voir l’irréparable de l’Histoire tout en nous incitant à agir en faveur d’un monde plus respectueux de la nature et de l’Autre, compris comme une part de nous-mêmes.
Pour Shakila Zamboulingame, chercheuse en études cinématographiques et en anthropologie, décoloniser le cinéma suppose de décentrer le regard, d’explorer des existences passées sous silence, de rendre visible ce qui a été invisibilisé. En ce sens, l’évolution récente du cinéma tamoul, sa réception dans les communautés de l’immigration et de l’exil, mais aussi l’émergence d’un cinéma diasporique, offrent des points d’observation intéressants, à mettre en regard des cinémas africains postcoloniaux.
À l’issue de la conversation de Pocas Pascoal avec Kitty Furtado, projection du court-métrage Time to Change (2024, Angola, Portugal, 7 minutes, couleur).
Le cycle de débats « Passeurs de Mondes, Bâtisseurs de l’Universel » est une initiative d’Álvaro Vasconcelos en collaboration avec Kitty Furtado (Universidade do Minho), Egídia Souto (CREPAL/ l’Université Sorbonne Nouvelle) et Christophe Araújo (Université Paris Nanterre).
Feuille de salle
Speakers
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Kitty Furtado
Ana Cristina Pereira (Kitty Furtado) est critique culturelle, dont le travail se situe à l’interface entre la recherche académique et l’espace public. Elle a assuré le commissariat de programmations de cinéma (post-)colonial et contribué à la réflexion publique sur la Mémoire, le Racisme et les Réparations. Docteure en Études culturelles de l’Université du Minho, elle est chercheuse au CECS, où elle mène le projet individuel The Black Gaze. Elle est professeure invitée à la Faculté des Beaux-Arts de l’Université de Porto (FBAUP) et directrice adjointe de VISTA : revue de culture visuelle. Elle est notamment coautrice, avec Rosa Cabecinhas, de l’ouvrage Ouvrir les segments du temps : conversations sur le cinéma au Mozambique (2022), en plus de plusieurs textes et numéros spéciaux édités.
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Pocas Pascoal
Réalisatrice, vidéaste et scénariste, Pocas Pascoal est née à Luanda où elle se forme aux arts visuels et devient la première femme opératrice de caméra angolaise à l’âge de 20 ans. En France, elle s’est diplômée en montage du CLCF. En 1998, elle réalise son premier court métrage Pour Nous. En 2002, elle est résidente photographe à la Cité Internationale des Arts et participe à diverses expositions dont La Biennale de La Havane, Biennale d’Architecture de Bordeaux et Triennal de Luanda. Suivent deux autres documentaires : Mémoires d’Enfances en 2000 et Il y a Toujours Quelqu’un Qui t’Aime en 2004.
En 2008, elle s’est tournée vers la fiction avec le court-métrage Demain Sera Différent. Sur la base de son expérience personnelle, elle a tourné le long métrage Alda et Maria en 2012. Avec ce film, présenté au Festival du film de Locarno, Pocas Pascoal a remporté sept prix internationaux. En 2021, elle a réalisé le téléfilm A Palavra Mágica et le documentaire Souffle, qui a remporté le prix Arvore da Vida du meilleur film au festival IndieLisboa 2021. En 2022 elle est invitée par le Musée d’Histoire Naturelle de Lisbonne à créer une installation vidéo, invoquant un dialogue entre les phénomènes naturels actuels, la destruction des écosystèmes et l’histoire coloniale. En 2024 elle participe à la Biennale de Dakar et au projet collectif GREENHOUSE qui représente le Portugal à la 60e Exposition Internationale d’Art — La Biennale de Venise. Avec le film Time to Change, actuellement à l’affiche de festivals internationaux, il a été sélectionné à des festivals comme Clermont-Ferrand IFF, Curtas Vila do Conde ; RIDM, Uppsala IFF, Dresden IFF et dans les cinémas au Portugal en juillet 2025. Actuellement elle est en post-production de son long-métrage Menina et en développement du film de fiction, Sarah Maldoror.
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Shakila Zamboulingame
Shakila Zamboulingame, chercheuse, enseignante et conférencière franco-tamoule de la diaspora, reliée à l’université Montpellier Paul Valéry, est née à Pondichéry mais vit en France depuis son enfance. Elle prépare actuellement un doctorat en études cinématographiques et anthropologie, consacré à l’expérience du cinéma tamoul dans les communautés d’immigrés et d’exilés tamouls, communément appelées « diaspora tamoule ».
« 1916 » est un projet d’écriture créé en 2016 afin de partager des réflexions et des analyses sur le cinéma tamoul, une culture cinématographique qui a toujours occupé une place importante dans sa vie et qui est une source constante de questions. Ses recherches et ses écrits lui permettent d’explorer son histoire d’amour tourmentée avec le cinéma tamoul. Shakila Zamboulingame est à l’origine du site https://1916tamilcinema.com/