Talismans

Le désert entre nous n'est que du sable

 

9 mars – 1 juillet 2018

 

Les artistes : Adonis, Leonor Antunes, Art Orienté Objet, Kader Attia, Pedro Barateiro, Bady Dalloul, Laddie John Dill, Eléonore False, Isabelle Ferreira, Maria Hassabi, On Kawara, Cildo Meireles, James Nares, Azzedine Salek, Lawrence Weiner

Les conférenciers : Boris Cyrulnik, Dingdingdong (Emilie Hermant et Valérie Pihet), Emanuele Coccia

Chorégraphies, films, textes et performances : Liz Magic Laser, Mounia Mekouar, Francisco Tropa, Ana Vaz

Commissaire : Sarina Basta
Assistant curatorial : Pietro Della Giustina

En partenariat avec Le Jeu de Paume pour la programmation culturelle.

[Image : Isabelle Ferreira, Pétales (#6, Diptyque, détail), 2016. Courtoisie de l’artiste et de la Galerie Maubert, Paris. Photo : Rebecca Fanuele]

 

« Il n’y a pas d’espace aussi sombre que celui juste à côté de la lumière», Trinh Minh Ha

\ˈta-ləs-mən-\ talɪzmən. Le désert entre nous n’est que du sable, prend la forme de l’exposition, de conférences, de performances, de projections et d’une publication. Ce projet s’organise autour de trois axes: la dématérialisation des murs, la reconstitution humaine suite à un effondrement et le talisman.

La réparation démarre avec un constat : les réponses se situent dans des témoignages singuliers. C’est souvent à la lumière de ceux qui ont survécu aux chocs de l’adversité que se dresse la forme de nouvelles réalités possibles. Ce projet donne avant tout la voix aux artistes et aux théoriciens, spécialistes de l’existence humaine.

La dématérialisation des murs est à comprendre au sens littéral, comme l’effondrement d’habitations en temps de guerre ou de catastrophe naturelle.  Dans le contexte artistique des années 1960 et 1970, avec l’action de commissaires tels que Lucy Lippard, la dématérialisation est devenue un mode opératoire qui dépassait l’exercice formel. La dématérialisation artistique exprimait la célébration des technologies de reproduction, une alternative de circulation de l’art hors de l’institution et du marché et surtout comme une itération critique de l’invisibilité de la guerre du Vietnam dans le quotidien des Américains dans un déni stratégique de sensibilité du public.

Le talisman fonctionne comme un contre-monument, un objet lié à un mode de vie, dont la valeur se définit par son intersection entre une fonction symbolique intime et des croyances collectives. Ce mot dont l’origine, mêlée, est une hybridation entre l’arabe et le grec, incarne aussi des courants d’influences réciproques des civilisations avec une partie de l’Europe dont le Portugal et la France. Son fonctionnement, et son statut fluctuant, contrastent et dialoguent avec celui de l’objet d’art.

Le talisman peut prendre la forme d’un objet, d’un écrit, d’un mécanisme de protection et de circulation. Silencieux, secret ou explicite, il tente de canaliser une force pour en contrer une autre. Quels seraient les enjeux que chaque protagoniste chercherait à repousser ou canaliser ? Le talisman est examiné dans cette perspective, moins pour ses propriétés ésotériques que pour sa nature composite. L’idée est aussi, par la même occasion, de déstabiliser un tant soit peu ce que nous considérons un objet d’art vers son incantation.

 

Exposition ouverte lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 9h à 18h

Samedi, dimanche et jours fériés de 11h à 18h
Entrée libre

 

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