Focus Portugal
Le festival CIRCULATION(S) 2021, lauréat de l’appel à projet 2020-2021 de la Délégation en France de la Fondation Gulbenkian, mettra le Portugal à l’honneur pour sa 11e édition.
Organisé chaque année par le collectif FETART, le Festival met en lumière la nouvelle scène contemporaine de la photographie. Afin de sélectionner 4 jeunes artistes portugais, le collectif a organisé des lectures de portfolios en ligne le week-end les 26 et 27 septembre 2020.
Les 4 artistes sélectionnés pour cette édition dédiée au Portugal sont :
Beatriz Banha
Beatriz BANHA est née en 1995 à Évora au Portugal. Elle a étudié à l’Université Lusófona de Lisbonne où elle a obtenu une licence en photographie en 2019. La même année, elle collabore à une publication collective intitulée « [TASCAS] – Pelas tascas de Lisboa », rédigée par le Frame Colectivo et coéditée avec STET. En 2020, Beatriz participe à l’exposition « A Imagem Contextualizada » avec son œuvre « 00.33″.
Suspenso. Portugal (2021)
La série « Suspenso » – qui signifie “suspendu” en portugais – a été réalisée à Évora, dans la maison familiale des grands-parents de Beatriz BANHA, entre les mois de mars et septembre 2020. Pendant ce laps de temps, Beatriz a photographié son grand-père, sa grand-mère et son neveu. Le développement et la numérisation de ses propres films ont peu à peu fait partie de sa routine journalière.
Son grand-père aimant passer du temps dans son arrière-cour, elle a regardé les plantes pousser, fleurir, puis mourir, laissant derrière elles les précieuses graines du renouveau de la vie. Dans cette série, l’artiste interroge donc les thèmes du temps et de la transformation.
Bruno Silva
Bruno SILVA est un photographe portugais né en 1983 travaillant dans les sphères du documentaire et de l’intime. Depuis 2017, il expose régulièrement son travail au Portugal. Cette même année, il est également lauréat de la bourse Emerging Documentary Photography by Manifesto de l’Institut de Production Culturelle et d’Images de Porto. En 2018, il remporte le grand prix du festival Estação Imagem de Coimbra au Portugal.
Pego Negro. Portugal (2021)
Pego Negro veut dire “Dark Drain” ( Egout noir / Cloaque noir)
Pego Negro est le nom d’un village situé dans la banlieue de Porto, il est traversé par un cours d’eau appelé Rio Tinto. Depuis quelques années, une partie du cours de cette rivière a été détournée afin de permettre l’expansion urbaine de la région. Cela a engendré de lourdes conséquences écologiques, et le Rio Tinto est ainsi devenu l’une des rivières les plus polluées du nord du Portugal.
En utilisant cette eau polluée pour développer ses pellicules Noir & Blanc, Bruno SILVA intégre directement la pollution à son processus photographique. Les résultats sont donc aléatoires et les étranges effets de solarisation obtenus sont directement liés aux quantités de chlore contenues dans l’eau de la rivière.
Cette série évoque ainsi le passage du temps qui est intrinsèquement lié au statut-même de la photographie ; l’érosion, la pollution, la vieillesse, la manière dont ces éléments modifient les paysages, le médium photographique lui-même et notre perception du monde.
Pedro Freitas Silva
Pedro FREITAS SILVA est un photographe et artiste portugais vivant au Royaume-Uni. Partant de son expérience personnelle, il s’intéresse à la manière dont les paysages et les environnements sociaux et politiques façonnent les individus. Offrant un décalage d’incertitude entre réalité, fiction et la phénoménologie du sujet, son but est d’explorer la nature de nos souvenirs et cette incapacité de la photographie à organiser les systèmes croyances en établissant des vérités.
The flyscreen. Portugal (2021)
« The Flyscreen » est un titre emprunté aux observations et aux textes écrits par A.dos S.D. Ces archives, qui s’étendent des années 1970 à 1990, illustrent la difficulté d’obtenir les preuves nécessaires permettant d’expliquer les événements qui se sont déroulés au centre-est du Portugal dans la chaîne de montagnes des Gardunha.
Les photographies de cette série ont été réalisées afin de trouver un peu de réconfort et dans le but de questionner l’insondable univers et cette incapacité de la photographie à saisir pleinement la vérité cachée derrière les représentations visuelles.
Photographie d’archive (cf 4ème photographie) – A. dos S. D. ; CTEC – Universidade Fernando Pessoa ; Jornal NOSTRA
Sofia Yala Rodrigues
Née en 1994, Sofia YALA RODRIGUES est une artiste plasticienne qui travaille entre l’Angleterre et le Portugal. Sa pratique se concentre sur la mémoire collective, les archives et une approche décoloniale des récits et de l’histoire. Depuis trois ans, elle participe à des résidences dédiées à la photographie africaine contemporaine, où elle lie photographie et narration.
Playing with Visual Fragments. Portugal (2021)
Dans ses plus récents projets, Sofia YALA RODRIGUES développe une approche très personnelle et expérimentale de la photographie, animée par son intérêt pour l’histoire portugaise et angolaise, les migrations, les identités et réalités transatlantiques. Pendant le confinement, elle a commencé à créer des collages numériques afin d’explorer et de faire revivre ses archives familiales. Ses assemblages digitaux dits « Playing with Visual Fragments » ou « Type here to search » deviennent des supports actifs, susceptibles d’ouvrir de nouveaux dialogues communautaires et de partager des histoires coloniales méconnues.
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Ce projet est soutenu par la Fondation Calouste Gulbenkian – Délégation en France, qui l’a cofinancé dans le cadre du programme EXPOSITIONS GULBENKIAN pour soutenir l’art portugais au sein des institutions artistiques françaises. |
