Dernières années de vie à Lisbonne

En avril 1942, au beau milieu de la Seconde Guerre mondiale, Calouste Gulbenkian, qui se trouve alors en France, décide de chercher refuge dans un pays neutre. Il hésite entre la Suisse et le Portugal.

Calouste Gulbenkian

Ce dernier emporte la décision de Gulbenkian en raison de sa situation géographique : en cas de besoin, il pourra s’enfuir par la mer vers les États-Unis. Il y restera finalement jusqu’à sa mort. La stabilité sociale de Lisbonne, le système fiscal qu’il y trouve et la non-interférence des médias ont probablement pesé sur cette décision. Gulbenkian se sent bien accueilli à Lisbonne. Il écrira plus tard que « nulle part ailleurs il n’avait ressenti » une hospitalité semblable à celle de Lisbonne, ville tranquille dans une Europe dévastée par la guerre.

Il élit domicile à l’hôtel Aviz, à Lisbonne, qui restera sa maison pendant 13 ans. Calouste Gulbenkian décédera à Lisbonne le 20 juillet 1955 à l’âge de 86 ans. Dans son testament (1953), il concède d’importants héritages à ses enfants, définit des rentes pour d’autres membres de sa famille et collaborateurs, et établit la constitution d’une fondation internationale, portant son nom et dont il fait l’héritière du reste de sa fortune, ayant son siège à Lisbonne, sous la présidence de son avocat et homme de confiance, Lord Radcliffe. Il lui confie la mission d’agir pour le bien de « l’humanité » toute entière. Cette fondation devra refléter ce qu’il considère comme ses plus grandes réussites : sa collection d’œuvres d’art et son rôle d’« architecte d’entreprises », concepteur de structures englobant et réunissant des nations, des groupes et des intérêts divergents.

Après sa mort, de difficiles négociations sont menées avec les gouvernements portugais et français pour permettre la sortie de France de la collection d’art de Gulbenkian et pour définir la base légale de la fondation. La collection complète est accueillie au Portugal en 1960 et exposée au Palais du marquis de Pombal (Oeiras) entre 1965 et 1969. Ce n’est que 14 ans après le décès de l’illustre collectionneur que son ultime souhait sera concrétisé avec l’inauguration du musée Calouste Gulbenkian à Lisbonne.

Mais des divergences quant au poids de l’activité internationale de la Fondation et à la composition de son Conseil d’administration, à savoir une majorité de membres de nationalité portugaise, et la crainte d’interférences du Gouvernement, conduisent Lord Radcliffe à renoncer à la présidence de la Fondation, qui revient alors à José de Azeredo Perdigão.

La Fondation Calouste Gulbenkian – l’une des plus importantes au niveau européen – s’emploie présentement à donner à son activité une dimension plus internationale, en partie pour faire face à des problèmes plus pressants de la société actuelle, mais aussi pour honorer les souhaits du fondateur, en collaborant activement avec d’autres fondations sur des questions dépassant le cadre national.

La biographie définitive de Calouste Gulbenkian, travail de fond jonché de défis, est en préparation sous la direction de l’historien britannique Jonathan Conlin. Sa publication est prévue pour 2019, à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de Calouste Gulbenkian.

Updated on 07 July 2017