Moving Things | 17 octobre – 30 octobre 2020 | Villa Arson Nice

La Fondation Calouste Gulbenkian – Délégation en France est heureuse de soutenir la Villa Arson // École nationale supérieure d’art – Centre d’art contemporain, lauréate de l’appel à projets 2020-2021, pour l’exposition Moving Things, une carte blanche aux artistes Violaine Lochu et João Fiadeiro du 17 octobre au 30 octobre 2020.

L’exposition Moving Things réunit Violaine Lochu, performeuse, artiste visuelle et sonore française, et João Fiadeiro, danseur, chorégraphe et théoricien portugais. Le groupe de travail à l’origine du projet propose une rencontre inédite entre les deux artistes afin de mettre à l’épreuve leurs notions respectives et croisées de l’improvisation et de l’indétermination.

Les deux artistes proposent en réponse un objet progressivement indexé sur des rencontres, incluant l’environnement physique, le temps et la durée de l’exposition, les médiateur.trice.s et les différents publics.

Violaine Lochu conçoit une installation performée en métamorphose permanente. Les différentes choses la constituant, choisies pour leurs possibilités de transformation – sucre, gélatine, œufs, tissu, fil élastique, aluminium, pâte à modeler, mousse expansive, colle liquide, encres colorées, objets trouvés à la Villa Arson… – sont activées selon des protocoles analysant leurs propriétés (poids, taille, matière, couleur…) et leurs potentialités performatives (sonore, chorégraphique, théâtrale…). Non assignées à un usage fixe et unique, elles deviendront tour à tour décor, sculptures, accessoires, costumes. Ces éléments, pliés, rangés dans une esthétique minimale au sein de la Galerie Carrée à l’ouverture de l’exposition, seront peu à peu déployés sur tout l’espace ; installés comme objets sculpturaux, activés par leur propre inertie (phénomène d’effondrement par exemple), ou par les performeurs qui les déplaceront, les porteront sur eux ou (se) les offriront. Par l’interaction avec les performeur.euse.s qui l’accueillent, le public pourra participer à MovingThings ; la mouvance des choses sera ainsi indéterminée, improvisée et aléatoire. Les médiateur.trice.s transformé.e.s ici en performeur.euse.s activeront quotidiennement ce dispositif absurde oscillant entre tablier de jeu de société ou cérémonie du thé au Japon.

Pour João Fiadeiro, l’improvisation oblige à un changement de paradigme. Au lieu d’utiliser les expériences passées et les attentes futures comme paramètres, il s’agit pour lui d’opter pour une sensibilité radicale envers le moment présent. Le temps cesse d’être perçu de façon linéaire, il est vécu comme une bande de Möbius – sans intérieur ni extérieur, sans avant ni après – créant les conditions pour «voir à nouveau», comme pour la première fois. Le chorégraphe intervient dans l’exposition à trois reprises avec des étudiant.e.s de différentes écoles universitaires. Avec pour point de départ le coefficient d’invisibilité des corps en situation de s’adapter à toute convention (comme celle de visiter une exposition par exemple), les performeur.euse.s joueront des frontières entre le réel et le virtuel, le vrai et le faux, l’absence et la présence. Ces oscillations contraires laisseront des traces qui participeront ainsi à la construction paysage de l’exposition. Chaque activation sera précédée d’un workshop qui préparera les performeur.euse.s à interagir, à s’adapter à son environnement, ainsi qu’à répondre à tout processus d’improvisation : « être à la hauteur de ce qui nous arrive ».

Les workshop organisés par les deux artistes, et dans la lignée d’un programme de recherche annuel Improvisation/Indétermination, vont également transmettre aux performer.euse.s des manières de ne pas agir comme des simples interprètes mais comme des êtres autonomes. Plus qu’esthétique, ce projet contient en effet une dimension éthique analysant les notions d’écoute, de liberté, de transmission, de fragilité, d’engagement, de respect, de responsabilité individuelle et collective. Questions éminemment politiques.

moving things peut ainsi se traduire par la collaboration et l‘hybridation mouvantes entre les pratiques des deux artistes, par les choses qui bougent mais aussi par les choses qui remuent émotionnellement. Ce triple sens fait écho au processus de création des performances à l’œuvre dans l’exposition.

moving things est aussi un projet de réflexion et de recherche sur l’archive de la performance : que reste t-il d’une performance une fois celle ci achevée ? Comment la documenter, s’en souvenir ? Quel statut donner aux formes non performatives qui en dépendent ?

Une édition numérique – movingthing.org – réalisée en collaboration avec le graphiste, webdesigner et typographe Christophe Hamery – accueillera tout au long de l’exposition des photos, vidéos, textes, dessins, réflexions théoriques… produits par les artistes eux-mêmes mais aussi les performeur.euse.s.

Vue de l’exposition Moving Things à la Villa Arson, João Fiadeiro et Violaine Lochu. © Rachael Woodson