Glottophobie, quand parler provoque l’exclusion

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Philippe Blanchet :
Construire un objet social et scientifique : de la discrimination linguistique à la glottophobie

Cette conférence présentera le cheminement méthodologique, conceptuel et médiatique par lequel a été construite la “glottophobie” à la fois comme phénomène social observé et comme concept scientifique élaboré, en s’appuyant sur un important corpus de pratiques sociales et de sources théoriques. On reviendra sur les effets de la mise à disposition du concept dans le champ social, médiatique et politique, avec une orientation interventionniste assumée.

Philippe Blanchet est Professeur de sociolinguistique et didactique des langues à l’université Rennes 2, dont il préside actuellement le Conseil académique. Expert en politique linguistique et éducative pour de grands organismes internationaux, il a travaillé sur des terrains variés, notamment Provence, Bretagne, France, Maghreb, Afrique, Océan Indien, Amérique du Sud…). Il étudie les dynamiques de développement ou de discrimination de la pluralité linguistique dans les politiques et les pratiques linguistiques et éducatives. Né à Marseille en 1961, d’une famille provençale et d’origine italienne, il est également l’auteur d’études universitaires, de manuels d’enseignement et de textes littéraires en langue provençale. Il est l’auteur d’ouvrages scientifiques de références dans son domaine, parmi lesquels : -Blanchet, Ph., 2016, Discriminations : combattre la glottophobie, Paris, Textuel, 192 p. Réédition complétée 2019 chez Lambert-Lucas. -Blanchet, Ph. et Clerc Conan, S., 2018, Je n’ai plus osé ouvrir la bouche… Témoignages de glottophobie vécue et moyens de se défendre, Limoges, Lambert-Lucas, 128 p. -Blanchet, Ph., 2018, Éléments de sociolinguistique générale, Limoges, Lambert-Lucas, 296 p.

Dulce Pereira :
Les créoles et l’éducation linguistique : contre les stéréotypes, la dissimulation et la peur

L’évaluation subjective des créoles de base portugaise, comme de tous les créoles en général (non-langues, sans grammaire ni règles, dialectes, etc…) marqués par le contact avec des langues de plus grand pouvoir et prestige social, en a, au fil du temps, conditionné le plein développement ainsi que les politiques linguistiques et éducatives, et en affecte négativement les locuteurs. Les récentes expériences menées au Cap-Vert et (avec le soutien de la Fondation Calouste Gulbenkian) dans une école primaire du secteur métropolitain de Lisbonne, en sont la démonstration : les effets de l’éducation linguistique s’y sont naturellement étendus à toute la communauté, déconstruisant les stéréotypes et éloignant les peurs.

Dulce Pereira est Linguiste, professeure à la FLUL, elle est chercheuse au CELGA/ ILTEC (Centre d’Etudes de Linguistique Générale et Appliquée /Institut de Linguistique Théorique et Informatique). Elle s’intéresse à la créolistique, au contact des langues, incluant le portugais et le cap-verdien, à la politique et à la planification linguistique ainsi qu’à l’éducation bilingue, domaines dont elle est auteure de nombreux articles et publications. Coordinatrice, consultante et formatrice de projets d’éducation et d’enseignement bilingue et mutilingue, au Portugal et Cap-Vert, dont notemment le Projet Pilote d’Alphabétisation bilingue, au Cap-Vert (1987-92) Nursery Police within a Bilingual Context (1998-2000), Diversidade Linguística na Escola Portuguesa (Diversité linguistique à l’école portugaise) (2003-2007), Turma Bilingue Português/Cabo-verdiano (Classe bilingue portugais/cap-verdien) (2007-2012) et Escola Multilingue (Ecole multilingue) (2012-2014), ces trois derniers financés par la Fondation Calouste Gulbenkian.

 

Dans le cadre du cycle de séminaires « La langue portugaise en cultures » proposé par Graça dos Santos, du Centre de recherches interdisciplinaires sur le monde lusophone (CRILUS – Etudes Romanes) de l’Université Paris Nanterre.

En partenariat avec la Chaire Lindley Cintra et la Maison du Portugal, la Résidence André de Gouveia.

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