Chargement Évènements

Tête-bêche, portrait bibliographique de Paulo de Cantos (1892-1979)

Bibliothèque - en vitrine

Quand

Until ven, 20 octobre, 2017
La journée entière

Au rez-de-chaussée de la Fondation

Billets

Entrée libre

Commissaires : António Silveira Gomes et Cláudia Castelo

Tête-bêche, portrait bibliographique de Paulo de Cantos (1892-1979) est une exposition « vade-mecum », qui présente pour la première fois hors du Portugal le résultat d’une recherche traitant de la bibliographie et de l’iconographie d’un auteur qui n’est pas entré dans l’Histoire des auteurs portugais.

Paulo de Cantos fut un homme érudit, éditeur, bibliophile, pédagogue, philanthrope et typographe amateur. Il tient une place particulière dans la modernité artistique portugaise pour avoir écrit, dessiné et publié environ 70 titres entre 1920 et 1960.

De Cantos, principalement professeur et proviseur de lycée, a produit des manuels complémentaires et des dictionnaires consacrés à la culture générale. Ces publications à caractère « manuéliste » ne peuvent pas être considérées comme de simples livres scolaires si on les compare à leurs contemporains. Ils sont en effet culturellement hétérogènes, ont une apparence dichotomique, synthétique et syntaxique, et révèlent une morphologie verbi-voco-visuelle fervente et inventive.

Dans le contexte périphérique portugais, l’expérimentalisme de ces livres transcendait l’utilité purement fonctionnelle de l’édition scolaire traditionnelle.

À une époque dominée par l’émergence du fascisme, par les campagnes d’alphabétisation et par l’imposition éminente et autoritaire du livre unique, la production éditoriale de Paulo de Cantos s’appuyait sur les bases progressistes de la Nouvelle Pédagogie. En dissimulant son discours pédagogique au cœur des délirants dispositifs mnémoniques qu’il employait, comme une parodie épistémologique, il passait à travers les mailles de la censure de l’époque.

Sa versatilité en tant qu’éditeur, auteur et typographe explique l’idiosyncrasie de son design, sa disponibilité à « imaginer le mot » en se servant exclusivement des arts graphiques et de la typographie modulaire.

Notre relation aux objets présentés est aujourd’hui particulière, entre l’obsession et l’obsolescence. La verve éditoriale de De Cantos ne peut échapper à cette attention, ces archives de manuels scolaires périmés déambulent librement aux frontières du fonctionnel et de l’idéal, nous proposant un regard sur une des nombreuses histoires possibles de la culture. Cette exposition montre la « réécriture en cours » de l’Histoire de la Pédagogie et du Design au Portugal dont Paulo de Cantos n’est qu’un fragment ambigu de plus.